

Séfarade :
Chants des juifs espagnols du pourtour méditerranéen
Un chapitre important de l’histoire du peuple juif a été écrit durant le Moyen Âge en Espagne.
Après avoir contribué à l’âge d’or de la culture arabe classique au Proche-Orient, les juifs jouèrent un rôle important de passeurs
entre les cultures arabe et chrétienne dans l’Espagne médiévale.
Le 2 août 1492, toutefois, commença leur exode : en l’espace de quelques mois, plus de 200 000 d’entre eux furent forcés
de quitter l’Espagne et les territoires où s’exerçait la domination espagnole, dans des conditions révoltantes.
C’est avant tout dans la région de l’empire ottoman qu’ils trouvèrent un lieu d’exil.
Que ce soit à Constantinople, à Salonique, en Égypte, en Syrie, en Palestine ou dans les Balkans, stimulés par les traditions locales,
les sefardim continuèrent ainsi à faire vivre la culture qu’ils avaient « apportée ». Les chants traditionnels caractéristiques des sefardim étaient - et sont toujours - aujourd’hui encore, les « romanzas » en langue judéo-espagnole, le « ladino ».
Les textes de ces chansons racontent la vie des juifs espagnols et l’histoire espagnole.
Cette tradition vivante, dans laquelle les exilés transmirent d’anciens poèmes épiques en castillan de la fin du Moyen Âge,
fut largement soumise à l’influence des langues et des cultures des différents pays dans lesquels vivaient les sefardim.
L’histoire de l’exil des sefardim, emplie de ruptures et de souffrances, est en même temps
l’histoire de rencontres interculturelles exceptionnelles et fructueuses.
Fadia el-Hage (Liban) : chant / Ahmet Kadri Rizeli (Turquie) : kemençe / Bahadir Sener(Turquie) : qanûn /
Vladimir Ivanoff (Bulgarie / Allemagne) : percussions, oud, direction musicale
